Façade Ouest. Prieuré de Champdieu

Fortifications


Un village ceint de remparts et un prieuré protégé à l’occasion de la guerre de Cent Ans

Champdieu, comme de nombreuses villes et villages du Forez est fortifié à l’occasion de la Guerre de Cent Ans aux 14° et 15° siècles. Ces fortifications sont ici décidées par le prieur qui, en sa qualité de seigneur, a le devoir de protéger la population. Un haut rempart va ceindre le bourg de Champdieu et d’impressionnants dispositifs militaires vont être ajoutés au Prieuré, siège du pouvoir.

Aujourd’hui le village porte encore les marques de cette période trouble. Le monastère a en effet conservé une bonne partie de ses éléments défensifs et l’Accueil touristique Porte de Bise a pris place contre le mur du rempart, dans l’ancienne tour de fortification protégeant alors la porte d’entrée principale du village.

Le village fortifié

Armorial de Revel. Champdieu ©LaDiana

Armorial de Revel. Champdieu
©LaDiana

Vue aérienne. Champdieu. ©dronereporter42

Vue aérienne. Champdieu.
©dronereporter42

Le rempart de Champdieu est appelé le vingtain car haut de vingt pieds et édifié à l’aide d’un impôt représentant le vingtième des récoltes. Les fortifications ainsi érigées se composent de courtines, de tours, d’au moins une porte (la Porte de Bise) et de larges fossés.
Elles ont surtout pour vocation de protéger les villageois des attaques de bandes organisées. Ces bandes dont les membres sont appelés routiers ou tard-venus battent les campagnes en période de trêve, pillant tout sur leur passage.

Les courtines du rempart sont constituées à leur base d’une succession d’arcs pointus dits en tiers-point. Cette suite d’arcs permet à l’époque d’économiser les pierres, rares sur le site. Les arcs sont alors comblés par un agrégat de matériaux de récupération : brique, tuile, galet, le tout lié au mortier d’argile ou de chaux.
Côté extérieur, ce point faible de la muraille, est dissimulé par un talus réalisé avec la terre retirée des fossés. Les fossés, complétant le système défensif, n’ont certainement jamais été mis en eau.

Chemin des Effossés. Champdieu

Chemin des Effossés. Champdieu

Des fortifications encore présentes aujourd’hui

Lorsque le rempart perd son rôle défensif, les villageois se l’approprient et y adossent leurs maisons dans les siècles suivants. Des caves sont creusées sous le fossé, les arcs en tiers-point sont rouverts et modifiés en porte, baie… Les fossés aussi sont réaménagés. Ils sont comblés pour accueillir des jardins puis colonisés par de nouvelles constructions.

Aujourd’hui l’existence antérieure d’un rempart reste visible dans l’implantation des maisons et dans la forme générale du bourg ancien : en « escargot ». Les fortifications en elles-mêmes sont partiellement conservées : dans les habitations, à l’Accueil touristique Porte de Bise ou encore le long du chemin des Effossés.

Le Prieuré

Façade Ouest. Eglise de Champdieu

Façade Ouest. Eglise de Champdieu

Comme le village, l’ensemble monastique est fortifié à l’occasion de la guerre de Cent Ans. Le prieuré reçoit différents éléments défensifs : des mâchicoulis enserrant tout le bâtiment, une échauguette à l’angle nord-ouest et une grosse tour ronde protégeant la première entrée, alors comblée, du cloître. Le tout est surplombé d’un véritable chemin de ronde.

De tels attributs militaires peuvent paraître incongrus sur un édifice religieux mais s’expliquent par la double fonction du prieur alors également seigneur. Lors de la fortification du village, il fait protéger son lieu d’habitation tel un château, pour symboliser son pouvoir seigneurial.

Aujourd’hui, une grande partie des fortifications du monastère est conservée. Par ailleurs, la tour ronde mentionnée précédemment, est à présent réaménagée et accueille une partie du Trésor des Prieurs

La Porte de Bise

Entrée Nord du village fortifié, la Porte de Bise héberge aujourd’hui l’Accueil touristique et le Centre de l’Art roman en Forez.

Porte de Bise. Champdieu

Porte de Bise. Champdieu

Au Moyen-âge, elle constitue l’entrée principale du village fortifié. Elle tire son nom de sa localisation au nord. Elle se compose d’une ouverture en ogive surplombée d’un mâchicoulis. Ce dispositif de défense permet de jeter des projectiles sur les assaillants depuis le chemin de ronde. La porte est protégée, à l’ouest, par une grosse tour ronde percée d’archères pour le tir des flèches.
Le passage au-dessus des fossés pouvait s’effectuer par un pont-levis ou par un pont mobile.
Deux autres portes sont mentionnées dans divers textes : la porte de Larzalier à l’ouest et la Porte Neuve au sud-est.

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